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Gestion pilotée ou gestion libre, qui arbitre votre contrat

Gestion pilotée ou gestion libre, qui arbitre votre contrat

La gestion pilotée d'une assurance vie confie la gestion du contrat à une société de gestion : elle choisit les supports, arbitre entre fonds euros et unités de compte, et suit un profil de gestion prudent, équilibre ou dynamique. En gestion libre, l'épargnant effectue lui-même ces arbitrages, sans frais de mandat.

Ce qu'il faut retenir

  • Le mandat de gestion délègue les arbitrages du contrat, pas la propriété de l'assurance vie.
  • Trois étages de frais : gestion du contrat, mandat de gestion, supports d'investissement.
  • Le profil de gestion, prudent, équilibre ou dynamique, fixe la part d'unités de compte et celle du fonds euros.
  • Une gestion pilotée en ETF et une gestion pilotée en fonds maison ne coûtent pas le même montant de frais annuels.

Ce que le mandat d'arbitrage délègue, et ce qu'il ne délègue pas

La gestion pilotée d'une assurance vie repose sur un document précis, le mandat d'arbitrage. En le signant, l'investisseur autorise un gestionnaire professionnel à gérer la répartition de son capital entre les supports d'investissement du contrat, sans avoir à le solliciter à chaque mouvement des marchés financiers. Le mandat fixe le cadre de cette délégation : les classes d'actifs autorisées, les bornes de l'allocation, la fréquence de suivi et la rémunération du service.

Ce cadre est plus étroit qu'on ne le croit. Le gestionnaire ne peut pas verser, ne peut pas racheter, ne peut pas modifier la clause bénéficiaire. Il choisit uniquement la répartition entre les supports d'investissement que le contrat propose déjà. Autrement dit, il travaille à l'intérieur d'une gamme fermée, celle que l'assureur et le distributeur ont référencée, et l'épargnant renonce à la liberté de choix qu'offre la gestion libre.

Le mandat est un accord distinct du contrat

Le contrat d'assurance vie lie l'épargnant à l'assureur ; le mandat le lie à une société de gestion, souvent une entreprise tierce agréée pour cette activité. Les deux documents ne se résilient pas de la même façon et ne portent pas les mêmes obligations. Un contrat peut très bien survivre à la fin du mandat : la gestion redevient alors libre, et l'allocation en place reste telle quelle jusqu'à ce que le titulaire décide d'y toucher.

C'est une raison suffisante pour lire les deux pièces séparément avant de signer. La notice du contrat dit ce qui est garanti et ce qui ne l'est pas ; le mandat dit qui décide, dans quelles limites, et à quel prix.

Le souscripteur reste le seul titulaire

Rien dans la délégation ne déplace la propriété de l'épargne. Le capital reste investi au nom du souscripteur, l'assureur reste son unique interlocuteur pour un rachat, et la fiscalité de l'enveloppe ne change pas d'un iota. Le gestionnaire n'a pas accès aux fonds : il transmet des instructions d'arbitrage que l'assureur exécute.

Qu'est-ce que la gestion pilotée ?
C'est un mode de gestion dans lequel l'épargnant délègue les arbitrages de son assurance vie à un gestionnaire professionnel, qui répartit l'épargne entre les supports du contrat selon un profil de risque convenu à l'avance. Le souscripteur garde la propriété du contrat et la libre disposition de son capital.
Comment fonctionne la gestion pilotée ?
Le gestionnaire définit une allocation cible correspondant au profil retenu, puis surveille l'écart entre cette cible et le portefeuille réel. Quand la dérive dépasse un seuil, ou quand son analyse des marchés financiers évolue, il transmet des ordres d'arbitrage que l'assureur exécute sur le contrat.

Trois modes de gestion, trois répartitions du travail

Une assurance vie moderne propose rarement un seul type de gestion. Comprendre ce qui les sépare évite de payer pour un service que l'on n'utilise pas, ou de se retrouver seul devant un portefeuille que l'on ne sait pas rééquilibrer au bon moment. La différence tient à une seule question : qui prend la décision d'investissement, et qui la met en oeuvre.

Mode Qui décide Qui passe l'ordre Frais spécifiques
Gestion libre L'épargnant L'épargnant Aucun, hors frais d'arbitrage éventuels
Gestion conseillée L'épargnant, sur recommandation L'épargnant Facturation du conseil, variable
Gestion pilotée Le gestionnaire mandaté L'assureur, sur instruction Frais de mandat annuels
Gestion à horizon Une grille automatique L'assureur Souvent incluse dans le contrat

La gestion conseillée occupe une place intermédiaire mal connue : un conseiller propose, l'épargnant tranche et valide chaque arbitrage. Elle demande du temps et une disponibilité que peu de personnes ont réellement, et se rencontre surtout en gestion de patrimoine, chez un courtier ou dans une banque privée. La gestion à horizon, elle, ne comporte aucune analyse de marché : une grille désensibilise mécaniquement le portefeuille à mesure que l'échéance approche. Le plan d'épargne retraite en a fait son mode par défaut depuis la loi Pacte de 2019, et cette approche se retrouve dans plusieurs contrats d'assurance vie destinés à préparer la retraite.

Un même contrat peut d'ailleurs combiner ces modes sur une seule signature : une partie de l'épargne reste en gestion libre, l'autre passe sous mandat. Les assurances vie distribuées en ligne le permettent presque toutes, ce qui autorise à tester le service sur une fraction du capital avant de lui confier davantage.

Quels types de gestion existent ?
Quatre modes coexistent sur le marché français : la gestion libre, où l'épargnant décide seul ; la gestion conseillée, où un professionnel recommande sans exécuter ; la gestion pilotée sous mandat, où un gestionnaire décide et fait exécuter ; et la gestion à horizon, où une grille automatique réduit la part de risque à l'approche de l'échéance.

Le profil de risque commande l'allocation cible

Le profil de gestion n'est pas une étiquette de caractère, c'est le paramètre qui fixe la part investie en unités de compte et celle laissée sur le fonds euros. Trois grandes familles reviennent partout, sous des noms voisins : prudent, équilibre, dynamique. Un profil prudent laisse l'essentiel sur le support garanti, par recherche de sécurité, et n'expose qu'une petite partie aux marchés ; un profil dynamique inverse cette proportion et accepte des variations de plusieurs dizaines de pour cent sur une année, en hausse comme en baisse.

Cette allocation cible n'a de sens que rapportée à un horizon. Une épargne dont on aura besoin dans deux ans n'a rien à faire dans un profil offensif, quel que soit le tempérament de son propriétaire, parce que le temps manque pour absorber une baisse. C'est ce que le fonds euros et son effet cliquet apportent au portefeuille : une poche dont la valeur ne redescend pas, au prix d'un rendement plus faible.

Ce que mesure le questionnaire

Depuis la directive sur la distribution d'assurances, le distributeur doit recueillir les exigences et les besoins du client avant de proposer une solution. Le questionnaire de connaissance et d'expérience qui en découle n'est pas une formalité administrative : il enregistre la situation patrimoniale, les revenus, la durée d'investissement envisagée, la familiarité avec les produits financiers et la réaction attendue en cas de perte. Les réponses déterminent les profils accessibles.

Deux points méritent une réponse honnête plutôt qu'optimiste. Le premier est la part de l'épargne totale que représente ce versement : placer la moitié de son patrimoine liquide n'engage pas la même prudence que d'y consacrer un dixième. Le second est le montant de baisse réellement supportable, exprimé en euros et non en pourcentage. Un recul de vingt pour cent se lit très différemment selon qu'il porte sur cinq mille ou sur cent mille euros.

Horizon de placement et capacité à supporter une baisse

Les deux notions se confondent souvent et ne se recouvrent pas. L'horizon est une donnée objective : la date à laquelle le capital sera nécessaire. La capacité de perte est une mesure de solidité, celle du reste du patrimoine et des revenus. Un investisseur peut avoir un horizon long et une capacité de perte faible, par exemple s'il n'a aucune épargne de précaution à côté. Dans ce cas, l'allocation adaptée reste modérée malgré la durée, et c'est en fonction de votre profil réel, pas de votre objectif de rendement, que le mandat doit être calibré.

Ce profil d'investisseur n'est pas figé. Une naissance, un achat immobilier, un départ en retraite modifient à la fois l'horizon et la capacité de perte. Le mandat prévoit en principe une actualisation périodique du questionnaire, et rien n'empêche de demander un changement de profil entre deux échéances lorsqu'un événement patrimonial le justifie.

Quels profils peuvent bénéficier de la gestion pilotée ?
Elle s'adresse en priorité à l'épargnant qui souhaite investir en unités de compte sans suivre les marchés lui-même, et qui dispose d'un horizon de placement suffisant pour absorber les variations. Elle apporte peu à celui qui reste intégralement sur le fonds euros, puisqu'il n'y a alors presque rien à arbitrer.

Les trois étages de frais, et non un seul

C'est ici que les comparaisons se trompent le plus souvent. Le taux affiché en tête d'une offre de gestion pilotée ne représente qu'une partie du coût annuel réel. Trois étages se superposent, et ils ne figurent pas tous au même endroit dans la documentation. Le même contrat souscrit chez deux distributeurs différents peut d'ailleurs afficher des conditions distinctes sur chacun de ces étages : les principaux postes de frais se lisent dans trois documents, jamais dans un seul, et l'article du mandat consacré à la rémunération ne dit rien des deux autres.

Étage Assiette Où le lire
Frais de gestion du contrat Encours, prélevés par l'assureur Conditions générales
Frais de mandat Encours confié au gestionnaire Mandat d'arbitrage
Frais internes des supports Actif de chaque fonds détenu Document d'information clé
Frais d'arbitrage Montant de chaque mouvement Conditions générales, souvent offerts sous mandat

Le troisième étage est le plus discret et souvent le plus lourd. Il ne fait l'objet d'aucune ligne sur le relevé annuel, parce qu'il est déjà déduit de la valeur du support. Un fonds actions géré activement facture couramment de l'ordre de un et demi à deux pour cent par an, quand un ETF indiciel se situe plutôt entre deux et quatre dixièmes de pour cent. Une gestion pilotée bâtie sur des ETF et une gestion pilotée bâtie sur des fonds maison n'ont donc pas le même coût total, même si leurs frais de mandat sont identiques.

Ce qu'un écart de frais coûte sur quinze ans

Un exemple arithmétique fixe l'ordre de grandeur mieux qu'un pourcentage isolé. Prenons un versement de cinquante mille euros, laissé investi quinze ans, et deux hypothèses de rendement net de tous frais : quatre pour cent d'un côté, trois virgule trois pour cent de l'autre, soit sept dixièmes de point d'écart. Au terme, le premier scénario rend environ 90 000 euros, le second environ 81 400 euros. La différence approche 8 700 euros, pour une seule ligne de frais supplémentaires.

Ce calcul n'est pas une prévision de performance et ne prétend pas l'être : il illustre uniquement l'impact mécanique d'un écart de frais sur une durée longue, à rendement supposé identique. Il explique pourquoi la question du coût mérite d'être posée avant celle de la stratégie, et non l'inverse. C'est aussi le meilleur argument en faveur d'un mandat bâti sur des supports d'investissement peu chargés en frais internes.

Quels sont les frais de gestion pilotée ?
Ils se composent des frais de gestion annuels du contrat, prélevés par l'assureur sur l'encours, des frais de mandat rémunérant la société de gestion, et des frais internes des supports détenus, déjà déduits de leur valeur. Les frais d'arbitrage sont fréquemment offerts sous mandat, puisque les mouvements sont décidés par le gestionnaire.

Qui arbitre réellement, un gérant ou un algorithme

Derrière l'expression gestion pilotée se cachent deux organisations très différentes. Certaines offres reposent sur l'expertise d'une équipe de gérants qui décide des mouvements en fonction de son analyse des marchés financiers. D'autres, souvent désignées comme robo advisors, appliquent une allocation construite à l'avance et se contentent de la maintenir. Les acteurs en ligne apparus depuis le milieu des années 2010, Yomoni, Nalo ou Ramify parmi d'autres, relèvent de cette seconde famille, tandis que les grands assureurs et les banques, du Crédit Mutuel à Generali Vie, s'appuient davantage sur leurs propres sociétés de gestion et sur un conseiller en agence.

Aucune des deux approches n'est supérieure par nature, et la question à poser n'est pas celle du prestige de l'équipe mais celle du nombre de mouvements réalisés. Une gestion qui arbitre trois fois par an ne travaille pas comme une gestion qui arbitre trois fois par mois, et le service rendu ne se mesure pas au volume d'activité.

Rééquilibrer la dérive ou désensibiliser selon le calendrier

Un portefeuille laissé en l'état s'écarte tout seul de son allocation cible. Si la poche actions monte fortement, sa part augmente et le risque du portefeuille avec elle, alors que le profil retenu n'a pas changé. Le rééquilibrage consiste à vendre une partie de ce qui a monté pour racheter ce qui a moins progressé, afin de revenir à la cible. C'est le geste le plus régulier d'une gestion sous mandat, et le plus difficile à tenir seul, parce qu'il demande de réduire ce qui vient de bien se comporter.

La grille à horizon fonctionne selon une autre logique : elle ne juge pas les marchés, elle compte les années. Chaque palier réduit la part exposée au profit du fonds euros, jusqu'à une allocation très sécuritaire à l'approche du terme. Cette mécanique a l'avantage de la lisibilité et l'inconvénient de son automatisme, puisqu'elle vend indépendamment du niveau des marchés au moment du palier. Les deux gestes répondent donc à des signaux opposés, l'un à la dérive du portefeuille, l'autre au calendrier, et certains mandats les combinent.

Les supports employés pèsent autant que la stratégie

La liste des supports accessibles fixe une bonne partie du résultat, avant même toute décision d'allocation. Un contrat qui ne référence que les fonds maison de son assureur limite mécaniquement la diversification possible, quel que soit le talent du gestionnaire. Un contrat largement ouvert donne accès à plusieurs classes d'actifs, chacune avec sa logique de rendement et de risque.

  • Fonds euros : capital garanti par l'assureur, gains définitivement acquis par l'effet cliquet, rendement modeste.
  • ETF actions : réplication d'un indice, frais internes faibles, exposition directe aux marchés.
  • Fonds gérés activement : sélection de titres par une équipe, frais nettement plus élevés, résultat dispersé.
  • SCPI et supports immobiliers : revenus locatifs mutualisés, liquidité plus lente, frais d'entrée souvent substantiels.
  • Fonds obligataires et monétaires : amortisseurs de portefeuille, sensibles au niveau des taux.
  • Private equity : accessible depuis peu dans certains contrats, horizon très long et risque de perte élevé.

Le nombre de supports référencés n'est pas en soi un critère de qualité : plusieurs centaines de fonds médiocres valent moins qu'une gamme resserrée et cohérente. Ce qui compte est la présence des grandes classes d'actifs et le niveau de frais de chacune, deux informations qui figurent dans le document d'information clé de chaque support.

Les mandats responsables et la question de la durabilité

Depuis août 2022, le distributeur doit recueillir les préférences du client en matière de durabilité, au même titre que sa tolérance au risque. Cette obligation a fait apparaître des mandats dédiés, présentés comme durables, responsables ou labellisés investissement socialement responsable, à côté des profils classiques. Un profil défensif responsable et un profil défensif ordinaire ne détiennent donc pas les mêmes fonds, sans nécessairement afficher un niveau de risque différent.

Trois repères permettent de vérifier ce que recouvre l'étiquette. Le premier est le classement des fonds au titre du règlement européen sur la publication d'informations en matière de durabilité, qui distingue les produits sans objectif extra-financier, ceux qui promeuvent des caractéristiques environnementales ou sociales, et ceux qui poursuivent un objectif d'investissement durable. Le deuxième est la présence d'un label, le label ISR français, Greenfin ou Finansol, chacun avec son cahier des charges. Le troisième est la liste réelle des OPC détenus, la seule donnée qui ne se prête à aucune interprétation.

Le label ISR a été refondu en 2024 avec des critères plus stricts, notamment l'exclusion des entreprises qui lancent de nouveaux projets d'exploration d'hydrocarbures. Un fonds labellisé avant cette réforme et un fonds labellisé après ne recouvrent donc pas exactement la même sélection. Depuis 2022, chaque contrat d'assurance vie multisupport doit par ailleurs référencer au moins une unité de compte de chacune de ces trois familles, ce qui rend la gestion pilotée thématique accessible même sur des contrats bancaires traditionnels.

Ce que la gestion pilotée apporte, et ses limites

L'avantage principal est comportemental avant d'être financier. Déléguer supprime la tentation de vendre au plus bas et d'acheter au plus haut, qui reste la première cause de sous-performance des épargnants investis seuls. Le second avantage est pratique : le rééquilibrage se fait sans que le titulaire ait à y penser, et la diversification est en général meilleure que celle d'un portefeuille bâti au fil des versements.

  • Une allocation construite d'emblée, cohérente avec un objectif et un horizon.
  • Un suivi régulier sans obligation de disponibilité pour le client.
  • Un accès à des classes d'actifs que peu d'épargnants sélectionnent seuls.
  • Un coût supplémentaire permanent, prélevé que l'année soit bonne ou mauvaise.
  • Aucune garantie sur le capital investi en unités de compte, la perte restant possible.
  • Une personnalisation limitée : on choisit un profil, rarement une ligne précise.

La limite la moins souvent dite tient à la nature même du service. Le gestionnaire est payé sur l'encours, donc en proportion du capital et non du travail fourni. Sur une année sans mouvement notable, le service facturé reste identique. C'est acceptable si la prestation est comprise comme une assurance de discipline plutôt que comme une recherche de surperformance.

Quels sont les avantages de la gestion pilotée ?
Elle évite à l'épargnant les décisions prises sous le coup de l'émotion, assure un rééquilibrage régulier vers l'allocation cible et donne accès à une diversification plus large que celle d'un portefeuille construit au fil des versements. En contrepartie, elle ajoute une ligne de frais permanente et ne protège pas contre la perte en capital.

Premier versement et conditions d'entrée

Le ticket d'entrée varie beaucoup d'une offre à l'autre, et il constitue souvent le premier filtre. Les contrats distribués sur internet acceptent des montants modestes, parfois quelques centaines d'euros, quand une banque privée réserve son service à des patrimoines à six chiffres. Entre les deux, la majorité des mandats démarrent à un premier versement de l'ordre de mille à cinq mille euros, complétés le cas échéant par des versements programmés prélevés sur le compte bancaire du souscripteur.

Ces montants minimums ne sont pas anodins. Un mandat facturé en pourcentage de l'encours devient proportionnellement cher sur un capital réduit, où les frais fixes éventuels pèsent davantage. Sur une somme modeste, gérer soi-même une allocation simple, un fonds euros et un ou deux ETF, reste un moyen parfaitement défendable d'obtenir une diversification correcte sans payer de mandat.

Une nouvelle souscription n'est d'ailleurs pas toujours la bonne réponse. Depuis la loi Pacte, il est possible de transférer un ancien contrat vers un contrat plus récent du même assureur en conservant son antériorité fiscale, ce qui évite de repartir de zéro sur le compteur des huit ans. La condition est stricte, puisque le transfert doit rester chez le même assureur, mais elle mérite d'être vérifiée avant d'ouvrir une ligne de plus.

Comparer deux offres sans se tromper de critère

Vouloir choisir la meilleure assurance vie en gestion pilotée à partir des seules performances passées est le plus mauvais des points de départ, et c'est pourtant le plus répandu. Deux gestions affichées sous le même nom de profil peuvent porter des niveaux de risque très différents, ce qui rend leurs résultats incomparables. La comparaison utile porte sur ce qui est connu à l'avance : la structure de frais, la composition de l'allocation, la gamme de supports d'investissement et les conditions de sortie.

  • Quel est le total des frais annuels, mandat et frais internes des supports compris ?
  • Quelle part du portefeuille reste sur le fonds euros dans chaque profil ?
  • Les supports sont-ils des ETF, des fonds maison, ou un mélange des deux ?
  • Combien d'arbitrages ont été réalisés en moyenne sur les trois dernières années ?
  • Quel est le versement initial minimum, et quel est le délai pour repasser en gestion libre ?
  • Le mandat prévoit-il une information écrite après chaque changement d'allocation ?

La dernière question mérite une attention particulière. Un mandat sérieux prévoit un compte rendu périodique et une information à chaque mouvement significatif. Sans ce suivi, l'épargnant ne peut pas vérifier que la gestion respecte le profil qu'il a choisi, ce qui est la seule chose qu'il ait réellement décidée.

Comment choisir une gestion pilotée ?
En comparant le coût total annuel plutôt que le seul taux de mandat, en vérifiant la composition réelle de chaque profil, en regardant si les supports sont des ETF ou des fonds maison, et en lisant les conditions de sortie du mandat. La performance passée d'un profil ne dit rien du niveau de risque qu'il a fallu prendre pour l'obtenir.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

Cette mention légale accompagne toute communication sur des placements financiers, et elle n'est pas décorative. Un profil dynamique qui affiche un résultat élevé sur trois ans a pu le devoir à une période favorable pour une classe d'actifs précise, et non à la qualité de la sélection. L'Autorité des marchés financiers rappelle régulièrement ce point dans ses recommandations aux distributeurs, consultables sur le site de l'AMF.

Une gestion pilotée est encadrée : la société qui exerce le mandat doit être agréée pour la gestion de portefeuille, et l'assureur qui porte le contrat est contrôlé par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Cet encadrement porte sur le fonctionnement et l'information du client, jamais sur le résultat. Aucun professionnel ne peut promettre un rendement sur des unités de compte, et une offre qui le laisserait entendre devrait être écartée pour cette seule raison.

La sécurité du contrat ne dépend pas du mandat

Un point échappe entièrement au gestionnaire, et il est rarement abordé dans les brochures : la sécurité du contrat lui-même. Le fonds euros n'est pas garanti par un marché, il l'est par l'assureur, sur ses propres réserves. Si celui-ci venait à faire défaut, aucun profil, aucun mandat et aucune expertise de gestion n'y changeraient quoi que ce soit. Le risque est faible et étroitement surveillé, mais il n'est pas nul, et il ne se délègue pas.

Le fonds de garantie des assurances de personnes intervient dans ce cas de figure, à hauteur de 70 000 euros par assuré et par compagnie, tous contrats confondus. Ce plafond explique pourquoi les experts en gestion de patrimoine recommandent de répartir un capital important entre plusieurs assureurs plutôt que de le concentrer sur un seul contrat, aussi bon soit-il. C'est une diversification d'un autre ordre que celle des supports, et elle relève du souscripteur, jamais du mandataire.

Il existe par ailleurs une disposition peu citée, l'article 49 de la loi Sapin 2 de 2016, qui autorise le Haut Conseil de stabilité financière à suspendre temporairement les rachats sur les contrats d'assurance vie en cas de menace grave pour la stabilité du système financier. Cette faculté est encadrée dans le temps et n'a pas été mise en oeuvre jusqu'ici, mais elle fait partie du cadre légal, et un mandat de gestion n'en dispense évidemment pas.

Changer d'avis, repasser en gestion libre

Le mandat n'est pas un engagement irrévocable. La plupart des contrats permettent d'y renoncer à tout moment, avec un délai de traitement de quelques jours à quelques semaines. Le portefeuille reste alors investi tel quel : la gestion s'arrête, pas les positions. Il appartient ensuite au titulaire de suivre son allocation, ou de basculer vers un autre profil s'il souhaite conserver le service.

Le passage d'un mode à l'autre s'effectue par arbitrage, à l'intérieur de l'enveloppe. Cette opération ne déclenche aucune imposition, puisque seule la sortie d'argent est taxable en assurance vie. La règle générale est simple : tant que les sommes restent dans le contrat, les plus-values ne sont pas imposées, et c'est au moment d'un rachat partiel que la fiscalité intervient. Les autres questions de fond, de la clause bénéficiaire à la transmission, sont traitées dans nos guides sur l'assurance vie.

Une exception à connaître sur les prélèvements sociaux

La neutralité fiscale des arbitrages souffre une nuance, et elle concerne directement la composition du mandat. Les intérêts du fonds euros supportent les prélèvements sociaux chaque année, au moment où ils sont inscrits en compte, alors que les gains réalisés sur les unités de compte ne sont calculés et prélevés qu'à la sortie, lors d'un rachat ou au dénouement du contrat. À montant et à rendement identiques, l'opération n'a donc pas le même calendrier selon la poche concernée.

L'écart reste modeste sur quelques années et il n'a rien d'une stratégie d'optimisation : il explique simplement pourquoi deux profils au rendement brut voisin peuvent afficher un capital net légèrement différent. Un mandat qui sécurise progressivement le portefeuille vers le fonds euros à l'approche du terme avance mécaniquement ce prélèvement, ce qui est la contrepartie normale de la garantie obtenue.

Reste une décision qui n'appartient qu'à l'épargnant : la gestion pilotée n'a de sens que si le temps qu'elle libère vaut ce qu'elle coûte. Pour un contrat de quelques milliers d'euros investi majoritairement sur le fonds euros, la réponse est souvent non. Pour un capital significatif réparti sur plusieurs classes d'actifs, avec un horizon long et aucune envie de suivre les marchés, elle devient une solution défendable, à condition d'en avoir mesuré les trois étages de frais.

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